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Xénome (Nicolas Debandt)

note: 4Quand la génétique devient une arme politique... bibliothécaire - 13 mars 2019

Paris, 2184. Yann se réveille au Louvres, nu, sans savoir qui il est ni ce qu'il fait ici. Recueilli par Joseph, un employé du Louvres, il va découvrir que la vie dans la capitale est loin d'être paisible. Les avancées scientifiques notamment dans les domaines de la biologie et de la technologie ont permis à l'Homme d'évoluer. Adieu l'Homo Sapiens ! La société est maintenant hiérarchisée en quatre castes définies par les gènes : les plus fortunés sont appelés Homo Nexilis et Homo Aureus; viennent ensuite les Homo Obediensis, des fonctionnaires nés pour obéir aux classes supérieures et enfin les Homo Operaris, êtres difformes dont la seule fonction est de remplir les tâches manuelles. L'égalité n'a plus sa place dans un tel monde. La vie privée non plus d'ailleurs, annihilée par le WebSoc, un réseau social implanté en chaque individu à la naissance, conçu pour surveiller tout le monde au quotidien et démasquer rapidement ceux qui refusent d'être dans les clous. Très vite, Yann va devoir lutter contre cette société qui le caractérise déjà comme un paria. Bien sûr, il ne sera pas seul dans cette lutte et sera entouré de personnages eux aussi rejetés par la société.
Au-delà de son caractère divertissant, « Xénome » est un roman qui propose une réflexion très intéressante sur les avancées scientifiques et technologiques et les dangers que ces progrès pourraient représenter s’ils tombaient entre de mauvaises mains, le tout sur un fond de lutte sociale. Une vision d’un futur possible rendu réaliste grâce à la plume experte de Nicolas Debandt, professeur en Sciences et Vie de la Terre. Un roman qui ravira les amateurs de science-fiction.

L'Amérique derrière moi (Erwan Desplanques)

note: 4Tel père tel fils ? bibliothécaire - 8 mars 2019

Comment devenir père quand on a si mal connu le sien ?
Le narrateur, journaliste et musicien dans un groupe de rock, apprend que son père est gravement malade après avoir su, deux jours plus tôt, qu’il allait être papa pour la première fois. Il revient sur cette vie qui touche à sa fin.
Ce père fantasque, qui aurait souhaité être un héros américain, combattre en tant que soldat (il est né trop tard, en 1943), roule dans des véhicules militaires américains dans sa ville de Reims et porte une ceinture US Army. Il parle anglais à ses enfants et s’y intéresse de temps en temps, une fois qu’ils ont grandi suffisamment.
Le narrateur n’est nullement complaisant dans ce portrait, jugeant son père souvent défaillant, et ses parents immatures, « Il y avait un vent de folie dans la maison », confie t-il.
Il se penche sur le lit du malade pour approcher un peu de la vérité, chose inhabituelle car « le mensonge était une habitude de la maison. ». Erwan Desplanques n’écrit pas vraiment un règlement de compte mais marque juste un passage à autre chose, un besoin de construire sa propre histoire.
Le romancier livre un beau récit, mordant, sobre et teinté d’humour.

Mais où est Momo ? (Andrew Knapp)

note: 5Un amour de toutou bibliothécaire - 7 mars 2019

Momo, c'est le Border collie sur la couverture. Le livre fonctionne par double page. La page de gauche nous présente les différents éléments à trouver dans la page de droite, où se cache Momo, mis en scène dans des lieux plus ou moins insolites.
A la fois imagier et cherche et trouve. Les petits vont adorer chercher Momo dans ce livre tout-carton drôle, original et plein de couleurs vives.

Marie-Antoinette n° 3
Le printemps du règne (Anne-Sophie Silvestre)

note: 5Marie Antoinette 3 Xénia - 6 mars 2019

Ce livre raconte la vie de Marie Antoinette quand elle part pour Versailles. J'ai adoré le livre.

Le club des baby-sitters
Amies pour toujours (Ann M. Martin)

note: 5ami pour toujour Gabriel - 6 mars 2019

ce livre est trop bien on ressens l'aventure Plus tard je vais créer le club des baby-sitter.

Vies minuscules (Pierre Michon)

note: 5Des vies extraordinaires bibliothécaire - 26 février 2019

Loin du reportage ou du roman du terroir, Pierre Michon rend hommage aux personnes qu’il a croisées dans son enfance, passée dans la Creuse.
Ces « vies minuscules » deviennent, sous sa plume, des vies extraordinaires qui méritent que l’on s’y arrête le temps de différents chapitres, au style très travaillé, proche de la prose poétique.
Ainsi, on fait la connaissance d’André Dufourneau, orphelin recueilli par ses grands-parents, et parti en Afrique une fois adulte. On croise Antoine Peluchet, son arrière-grand-oncle, qui quitte la maison parentale à dix-sept ans après une dispute avec son père. Il aurait écrit du Mississipi. Ou encore Eugène et Clara, les grands-parents paternels, qui évitent de parler du « disparu », le père de Pierre Michon, parti alors que son fils n’a que deux ans.
On perçoit, dans ses textes, ce qui reste de la vision de l’enfant, son regard sur ce monde adulte aux contours encore incertains, avec beaucoup de choses tues. Le futur écrivain s’est construit sur ce terreau là.
Mais l’aboutissement a été long et douloureux : « […] dans l’absence de l’Écrit, je ne voulais plus vivre, ou seulement gavé, somnolent et niais […] ».
Pierre Michon est resté longtemps devant une page blanche. Nous le remercions d’avoir persévéré.

I am Princess X (Cherie Priest)

note: 4Mais qui est Princess X ? bibliothécaire - 19 février 2019

May et Libby étaient les meilleures amies du monde. Ensemble, elles ont crée un personnage : Princess X, à qui elles faisaient vivres pleins d’aventures. Mais trois ans plus tard, Libby meurent dans un accident de voiture avec sa mère. May ne se remettra jamais de cette disparition soudaine.
Un été, en revenant pour les vacances dans sa ville natale, May tombe par hasard sur un autocollant avec le personnage Princess X, qu’elle croyait disparue avec Libby. Sa stupéfaction face à cette découverte laisse place ensuite au doute : Qui utilise Princess X et dans quel but ? Par la suite, May découvre un compte Instagram qui narre sous forme de BD la quête du personnage contre Mister Bones. Et si son amie n’était pas morte ?
Un thriller adolescent mélangeant ingénieusement de la BD et du roman qui nous plonge dans une chasse aux indices aux cotés de May pour découvrir la vérité sur la disparition de son amie et les dangers qui la guettent.

Sérotonine (Michel Houellebecq)

note: 4Le voyage existentialiste de Michel Houellebecq bibliothécaire - 13 février 2019

Florent-Claude est le héros de Sérotonine, nom d’une molécule du bonheur contenue dans des cachets et titre du roman de Michel Houellebecq publié en 2019. Florent-Claude est un ingénieur agronome désabusé, dépressif et lassé par la comédie professionnelle. Ingénieur agronome ayant exercé dans d’importantes entreprises il décide à la suite d’une déception amoureuse de tout arrêter. L’héritage assez considérable que lui ont laissé ses parents, un couple très uni et impénétrable qui lui a donné une enfance heureuse, lui permet de donner libre cours à ses envies de fuite, une fuite aussi géographique qu’existentielle.
Florent-Claude retrace le sillon de ses amours passés qui sont le cœur de sa vie en plein effondrement dans un nihilisme parfois supérieur et complaisant. Le récit est marqué par l’acuité et la lucidité de l’auteur pour décrire la médiocrité et la drôlerie du quotidien ; l’humour est toujours présent et distillé de façon parcimonieuse, il donne une brise sinon un souffle qui allège considérablement un sujet assez épais.
Ce livre est aussi une invitation à revenir sur sa vie avec ses travers, l’amitié, l’utilisation de son temps passé sur terre, la médecine, la dépression globale, la mort et l’amour.
Ce roman superpose, à travers une histoire bien menée, la certitude du désespoir et la possibilité rédemptrice de l’amour.
A découvrir si ce n’est pas encore fait !

Federica Ber (Mark Greene)

note: 4L'inoubliable Federica bibliothécaire - 28 décembre 2018

Un fait divers attire le regard du narrateur alors qu’il parcourt le journal : la chute mortelle et inexpliquée d’un couple de randonneurs dans les Alpes italiennes.
Il poursuit sa lecture et s’arrête net au nom de Federica Bersaglieri. Cette femme, qui reste introuvable, aurait dîné la veille au soir avec le couple, et la police qui la recherche ne lui trouve aucune adresse fixe. Cette petite femme brune et mince, selon les témoins, serait-elle la Federica qu’il a rencontrée vingt ans plus tôt dans un Paris caniculaire ? Le narrateur, un solitaire endurci, se souvient alors plus vivement encore de cette femme qui lui a fait parcourir les boulevards et les squares de Paris, grimper sur les toits en bravant son vertige. Sa vie en avait été transformée le temps de quelques semaines : fini sa frustration de ne pas se mettre à écrire, ses journées tristes d’homme célibataire… Tout devenait virevoltant avec Federica, même s’il ne savait presque rien d’elle. Mais un jour, celle-ci avait disparu soudainement… Et il avait repris le cours de sa vie sans jamais l’oublier. Mais alors pourrait-il la recroiser aujourd’hui dans Paris ? Ou bien vit elle dans ces montagnes italiennes ?
Le roman de Mark Greene, romancier franco-américain, est une belle réussite. Il emmène le lecteur de Paris aux chaînes des Dolomites, dans une enquête à sa façon, menée sans urgence, entre souvenirs et fascination.

Evasion (Benjamin Whitmer)

note: 5Du sang sur la neige bibliothécaire - 28 décembre 2018

Colorado, 1968. Dans cette petite ville au pied des montagnes, la vie tourne autour d’Old Lonesome, une prison sur laquelle le directeur Jugg règne en maître, un cigare aux lèvres et une matraque à la main. Un soir d’hiver, douze prisonniers parviennent à s’évader. Mais personne n’est dupe : il n’est pas possible de s’échapper d’Old Lonesome, tout comme il n’est pas possible de partir de cette ville où « l’essentiel de la population est fait d’hommes qui se sont échoués après une guerre ou une autre. » Dans ce lieu où vivre « est comme se faire étrangler, mais très lentement », où les habitants ont renoncé à leurs illusions depuis longtemps, l’auteur nous invite à une traque qui ne finira qu’avec l’aube, et qui met en scène les évadés, les traqueurs et les journalistes. Au milieu d’une tempête, alors que le froid mord et que le blanc de la neige tranche avec le noir de la nuit, chacun suit son propre chemin et part à la rencontre de ce qu’il cache de plus sombre.
Dans la pure tradition du roman noir américain violent et sans concession, Benjamin Whitmer fait vivre à son lecteur un pur choc littéraire et une nuit de tension inoubliable. N’espérez pas trop, l’auteur vous aura prévenu : « S’il y a le moindre truc qui risque de tourner mal, il tourne mal, toujours ».

Les Aventures de Tintin n° 7
L'île noire (Hergé)

note: 5le monstre de l'Ecosse Félix - 21 décembre 2018

Cette BD m’a beaucoup plu car elle fait ressentir la peur, l’angoisse et l’humour. De plus, Tintin se jette souvent dans la gueule du loup ! Bref, je vous conseille de lire ce livre et de suivre Tintin et Milou dans ces aventures.

J'apprends le tennis (Jérémy Rouche)

note: 3de balle en balle Félix - 21 décembre 2018

J’aime bien ce livre car il montre aux plus jeunes comment jouer, s’habiller. Il montre aussi le terrain pour les personnes n’ayant jamais joué au tennis. C’est parfait.

La cabane magique n° 8
Panique à Pompéi (Mary Pope Osborne)

note: 4un volcan dangereux Félix - 21 décembre 2018

J’aime bien ce tome, car pour une fois Tom et Léa ne vont pas très loin (ex : sur la lune). Ils arrivent pile à temps, juste avant que le volcan explose. Je vous conseille de suivre Tom et Léa dans la cabane magique !

Une aventure d'Astérix n° 17
Le domaine des dieux (René Goscinny)

note: 4un Astérix bien planté Félix - 21 décembre 2018

Cet Astérix, je l’aime beaucoup car il montre que pour une fois, l’idée des romains de détruire la forêt pour affamer les gaulois est bien trouvée, mais celle d’Astérix et ses compagnons est meilleure encore ! De plus, malgré le projet des romains, les gaulois ne se laissent pas faire.

Frère d'âme (David Diop)

note: 5Le prix Goncourt des lycéens 2018 ! bibliothécaire - 11 décembre 2018

« Je voulais écrire un texte qu’on pourrait presque slamer ou psalmodier », explique David Diop en recevant le prix Goncourt des lycéens 2018.
Pari réussi : l’oralité et l’intériorité sont au cœur de ce roman magnifique et bouleversant, et l’on ne peut que se réjouir, cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, que de jeunes auteurs fassent revivre cette période historique avec autant de talent.
Un vrai choc littéraire !

The hate U give (Angie Thomas)

note: 4Poignant, édifiant et nécessaire bibliothécaire - 6 décembre 2018

Ce roman s'inspire de faits réels et dénonce les discriminations existantes entre les forces de l'ordre et la population afro-américaine. L'auteure ne mâche pas ses mots mais reste toujours dans un ton juste. Le lecteur est touché par la détresse de l'héroïne, et passionné par la vision de sa transformation au fil du récit. Il appréciera les notes d'humour qui allègent le sujet principal, ainsi que les élans de solidarité dans, et entre, les communautés.
Une dure réalité qui méritait d'être écrite et qui résonne comme un véritable manifeste pour la justice face à la corruption et au racisme.

Les contes de Shakespeare (William Shakespeare)

note: 5Shakespeare pour tous bibliothécaire - 28 novembre 2018

En 1807, Charles Lamb et sa sœur Mary Lamb adaptaient, sous forme de contes pour la jeunesse, une sélection d’œuvres de Shakespeare. Ces contes font aujourd’hui partie des classiques de la littérature anglo-saxonne. Les drames qui se nouent et les scénarios compliqués ont été ramenés à un niveau simple afin de mettre à la portée des plus jeunes les chefs-d’œuvre de William Shakespeare.
Superbement écrits et traduits, magnifiquement illustrés, pour cette édition par Joëlle Jolivet, les contes de Shakespeare deviennent à leur tour des chefs-d’œuvre, mais de la littérature jeunesse cette fois.

Plumette, la grande artiste (Thierry Robberecht)

note: 5Très bien Eloïse - 21 novembre 2018

Très belle histoire avec une jolie fin. Ma fille semblait même émue...

Casse-Noisette (Valeria Docampo)

note: 3La poésie de Noël bibliothécaire - 20 novembre 2018

Conte féérique de Noël par excellence, le Casse-Noisette de Georges Balanchine est narré avec simplicité et modernité. Le plaisir de la lecture réside dans les illustrations : il y a sans cesse du mouvement, de la fluidité, des couleurs pastel, un ensemble qui nous rappelle toute la poésie et l’agréable légèreté du ballet classique.

L'héritage des espions (John Le Carré)

note: 5Le maître du genre bibliothécaire - 20 novembre 2018

En matière de romans d’espionnage, il y a un maître absolu et incontesté : il s’appelle John le Carré. Dans ses récits, il y a très peu d’actions sur les opérations, mais une description minutieuse du fonctionnement des services de renseignements, avec la hiérarchie, la bureaucratie, les luttes de pouvoir, la rivalité entre collègues. Mais au-delà de la trivialité de la vie de bureau au quotidien, l’auteur nous offre une vision du monde, où il est parfois difficile d’identifier ses véritables ennemis. Et c’est tout le problème posé par John le Carré : à qui pouvons-nous faire confiance ? À nos amis, à nos proches, à nos collègues ? Et si au-delà des blocs, Ouest et Est, l’ennemi n’était pas celui qu’on croit…
En ces temps difficiles avec le Brexit et la nouvelle politique des États-Unis, John le Carré nous offre avec son dernier roman, L’héritage des espions, une sorte de règlement de compte où la nouvelle génération ne s’encombre pas de tout le travail effectué par les « anciens » au nom de l’intérêt général.
Déjà classique !

Trois jours chez ma tante (Yves Ravey)

note: 5Drôle et énigmatique bibliothécaire - 20 novembre 2018

Après une vingtaine d’années passées en Afrique, un homme revient en France rendre visite à sa tante âgée. Celle-ci, résidente d’une maison de retraite plutôt luxueuse, a décidé de couper les vivres à son neveu et envisage même de la déshériter. Marcello va-t-il réussir à infléchir la décision de sa tante ? Au passage, on découvrira les sombres agissements de ce neveu sans pourtant s’empêcher d’éprouver une forme d’empathie à son égard.
Une fois de plus Yves Ravey nous livre un roman court au style épuré. Une fois de plus, l’auteur nous livre des faits assez simples avec force détails, une fois de plus nous sommes manipulés, pour notre plus grand plaisir et nous tombons malgré nous dans le panneau. Ambiance tendue, atmosphère pesante, personnage trouble, intrigue douteuse, on sent bien la menace et le règlement de compte. Avec un art exquis de la dissimulation, et grâce à un style laconique, l’auteur va nous laisser entrevoir, mais ce n’est pas si sûr, l’inquiétante vérité.

Eugenia (Lionel Duroy)

note: 5Une Europe à feu et à sang Chantal - 20 novembre 2018

Avec pour toile de fond l’ascension du fascisme européen, ce roman relate un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale en Roumanie, avec la description des effroyables pogroms qui y ont eu lieu.
Lionel Duroy alterne le présent et le passé en mêlant une histoire d’amour fictive entre une jeune journaliste, Eugenia, et Mihail Sébastian, grand écrivain roumain, juif, qui, grâce à elle, a survécu à toutes les persécutions. Tout au long du roman, c’est la jeune femme qui parle et on voit évoluer sa réflexion. Ce livre est donc aussi le portrait d’une femme libre animée par le besoin insatiable de comprendre l’origine du mal et comment toutes les mises en garde et leçons du passé n’empêchent pas le retour des mêmes atrocités. Quelles sont les raisons de la haine ?
Lionel Duroy démontre que l’on peut aimer quelqu’un en dépit de ce qu’il pense. Les gens sont devenus des criminels malgré eux. En faisant des recherches auprès de la population, Eugenia s’aperçoit après la guerre que personne ne déclare avoir participé aux horreurs… Tout le monde en réfute la responsabilité.
Construit sur une puissante charpente historique, c’est le récit d’une Europe Centrale basculant dans l’horreur, d’un peuple roumain exsangue.
Un livre qui apporte une réflexion de fond sur les ressorts de la haine et qui permet de retrouver de grands intellectuels tels que Mircea Eliade, Malaparte…

L'obsession Vinci (Sophie Chauveau)

note: 5Tout feu tout flamme Sophie - 20 novembre 2018

L’obsession Vinci est le roman de la vie de Léonard de Vinci. Et quel roman… Repoussé par son père, il déploya des trésors d’imagination pour rendre la vie plus belle et créatrice.
Attachant Léonard, qui recherche de l’amour, en donne à foison, sans forcément choisir les bonnes personnes et s’enfuit au moindre commencement de désamour ou de désaveu, un génie qui commence un projet, tout feu tout flamme et souffre de ne pas arriver à le finir. Mais son génie devait être évident, et son besoin de reconnaissance immense aussi car il traverse des régions et des pays en quête de puissants qui le soutiennent, dans des voyages qui ressemblent à des exils et où il recommence tout à zéro.
Car Vinci est un créateur, toujours en mouvement, et pas un bâtisseur. Heureusement, il trouve sur son chemin des anges gardiens, qui tentent de canaliser son énergie débordante dans des petits carnets, remplis des idées et des schémas que Léonard n’arrête pas de concevoir.
Ce livre fait partie de la trilogie de Sophie Chauveau sur les artistes florentins de la Renaissance. C’est le dernier tome mais chacun peut se lire individuellement. Celui-ci révèle la personnalité exceptionnelle de Vinci qui nous obsède longtemps après la lecture.

Les vies multiples d'Amory Clay (William Boyd)

note: 5Un destin incroyable ! Sophie - 20 novembre 2018

C’est l’histoire d’une fille au prénom de garçon, c’est l’histoire d’une fille issue d’un drôle de père, fracassé par la grande guerre et écrivain raté, qui ne trouve rien de mieux que de l’entraîner avec lui dans une tentative de suicide, elle aussi manquée (heureusement pour elle et nous, lecteurs, bienheureux de découvrir cette vie en montagnes russes).
Amory sera donc une combattante, menant sa vie à toute allure avec des virages à 180°, traînant en bandoulière son appareil photo qui ne la quittera plus. Après les podiums et tabloïds de sa jeunesse, elle filme, ô scandale, les filles de nuits berlinoises. Elle se retrouve tabassée lors d’une manifestation fasciste et se relève. Puis rencontre un homme, et un autre encore… Elle épouse un noble désargenté, a deux filles et puis repart, en tant que reporter de guerre. Rencontre un autre homme encore. Chaque difficulté rencontrée ou chaque drame lui permet de rebondir dans un autre monde, dans un autre lieu.
William Boyd réussit à nous rendre crédible la psychologie de son personnage et passionnante sa vie. Des photographies parsèment le livre, ce qui rend d’autant plus troublante la question qu’on se pose. Est-ce un roman ou une biographie ? Le livre est tellement bien fait qu’on pencherait inévitablement pour la biographie mais le net, par contre, nous éclaire un peu plus sur la genèse de ce roman. Une réussite incontestable !

L'archipel du Chien (Philippe Claudel)

note: 5Une bien noire parabole Chantal - 20 novembre 2018

Mi-roman, mi-fable, une très noire parabole sur le cynisme et la veulerie ordinaires, l’indifférence à l’autre et l’apathie morale sur toile de fond de la tragédie contemporaine des migrations en Méditerranée.
Un roman, somme toute, très moralisateur : des hommes, guidés par leur égoïsme, ont parmi eux une « âme pure » désignée comme bouc émissaire de l’histoire. La politique est sale, elle n’est pas « la morale ». Certains hommes assument de se salir les mains pour que d’autres puissent rester propres. Il faut des deux pour gérer une société. Ainsi un Maire, en assumant la garde de sa communauté, a un rôle qui peut l’amener dans la boue, allant jusqu’à sacrifier un innocent, même si au final, personne n’oserait lui en être reconnaissant. Lui devra alors vivre avec le souvenir de ses actes et se résigner à endosser l’habit d’un exécuteur de basses œuvres pour le bien de tous.
Philippe Claudel nous dit que l’expérience et le bon sens enseignent que les frontières entre le bien et le mal, le juste et l’injuste, n’existent pas. La plupart des hommes ne soupçonnent pas la part sombre qui est en eux. Tout au long du livre, l’écrivain est constant dans la colère juste contenue qui l’anime et qui est le carburant de tous ses romans. Il nous livre, avec une très belle écriture et des descriptions hyperréalistes, une fable dérangeante qui parle de salauds ordinaires.

Bakhita (Véronique Olmi)

note: 5Une grande âme venue du Soudan Chantal - 20 novembre 2018

Roman bouleversant qui relate le destin d’une femme exceptionnelle dans les années 1865, enfant heureuse dans son village du Soudan, puis, tour à tour, esclave, captive, domestique en Italie, religieuse et sainte. Véronique Olmi restitue la force incroyable et la grandeur d’âme de cette femme, qui finit par trouver son bonheur très simplement.
La première partie, noire comme la peau d’ébène de l’héroïne, comporte des scènes insoutenables, écrites cependant dans un style très poétique qui permet d’en supporter l’atrocité. La description des longues marches d’esclaves est tellement belle qu’on marche avec elles, voyant les paysages défiler à travers leurs yeux.
Si la seconde partie est beaucoup moins dure, on continue de suivre la destinée de Bakhita qui, après six ans de malheur et ayant perdu la mémoire, va passer de l’état de domestique dévouée à ses maîtres, à celui de servante de Dieu. Elle comprend vite que la misère est partout la même, que les hommes soient Blancs ou Noirs, toutes les douleurs se ressemblent.
Ce livre est une leçon de vie. L’histoire de Bakhita deviendra la « storia meravigliosa » exploitée par le régime de Mussolini. On peut avoir l’illusion que l’esclavage est aboli mais des évènements récents tendent encore à prouver le contraire. Véronique Olmi a écrit une histoire qui restera gravée dans la mémoire des lecteurs.

Ils vont tuer Robert Kennedy (Marc Dugain)

note: 5L'époque Kennedy Chantal - 17 novembre 2018

Tout d’abord c’est l’histoire de la famille Kennedy, de son origine, de son destin tragique, du fonctionnement de cette tribu dans laquelle un Kennedy succède toujours à un autre, et l’histoire des deux derniers fils, John et Robert, qui se sont donnés pour mission de racheter les moyens employés par leur père pour amasser l’immense fortune dont ils bénéficient.
Puis, sont analysés les dessous de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Enfin, l’étude de la psychologie des deux frères, la dépendance et l’admiration de Robert envers son aîné, son sentiment de culpabilité après l’assassinat de J.-F. K., l’impossibilité d’en dénoncer au grand jour les commanditaires, son caractère maniaco-dépressif et son acceptation à reprendre le flambeau de la succession de son frère comme un kamikaze qui connaît sa fin.
Marc Dugain fait aussi la description de la contre-culture aux USA. La vérité ne sortira sans doute jamais des dossiers texans et de la CIA, mais les romans sont là pour émettre toutes sortes d’hypothèses et nous faire revivre toutes les péripéties d’une époque.
À ce pan d’histoire de la seconde moitié du XXe siècle, s’entremêle le récit fictif du narrateur confronté à ce qu’il pense être un complot issu de l’affaire Kennedy et dont ses parents, assassinés, furent victimes.
Une œuvre magistrale, à savourer lentement.

L'ordre du jour (Éric Vuillard)

note: 5Quelques journées décisives Chantal - 17 novembre 2018

Qualifié de « chef-d’œuvre historique », ce petit livre retrace les quelques journées pendant lesquelles fut décidé l’Anschluss de l’Autriche.
Une suite de rencontres déterminantes décrites avec beaucoup de précision et une ironie grinçante, depuis la mise en place du régime hitlérien, le 20 février 1933, avec le soutien économique des vingt-quatre plus grosses entreprises allemandes, jusqu’à la journée du 15 mars 1938, pendant laquelle la foule, réelle ou créée pour les besoins de propagande, applaudit Hitler devant le Palais impérial à Vienne.
Chacune de ces journées est racontée avec des portraits superbes des différents protagonistes et montre le questionnement légitime de l’auteur à propos de l’attitude des différents hommes politiques en place : aveuglement ou crédulité, laxisme ou manque de courage. Il démontre aussi tout le processus de manipulation des foules et fait honneur à tous les oubliés du 15 mars, ceux qui ont préféré le suicide aux applaudissements mais que la Grande Histoire ne mentionne pas.
Dans un style au lyrisme subtil, autant incisif qu’éblouissant, c’est le procès des élites économiques, sociales et politiques sous la plume d’un grand écrivain qui a pris pour habitude de scruter les faits historiques, sans jamais recourir à la fiction, mais en leur offrant un nouvel éclairage (Tristesse de la terre, 14 juillet..).

Un certain M. Piekielny (François-Henri Désérable)

note: 5Sur les traces de Romain Gary... Chantal - 17 novembre 2018

Une approche très personnelle et très riche de Romain Gary, sa vie, son œuvre.
François-Henri Désérable émet des hypothèses sur l’identité de ce Piekielny, mentionné au chapitre VII, trois pages en tout et pour tout, du roman de Romain Gary La Promesse de l’aube, personnage dont il n’arrive pas à retrouver la trace.
Une enquête originale avec le style superbe de F.H. Désérable, ses apartés, son humour, qui nous entraînent, à travers une recherche très mince, sur des fausses pistes, sans cesser d’éveiller notre curiosité de lecteur.
Romain Gary n’a-t-il pas inventé ce personnage, comme beaucoup d’autres choses dans ce roman ?
Mais F.H. Désirable imagine, extrapole et suppute. Parlant de Gary, c’est finalement de lui-même qu’il parle, même exigence de mère, même désir de devenir écrivain. Il nous emmène au fil de la vie de Romain Gary, de ses amours, de sa carrière et de ses rencontres, vers ce qui constitue l’essence même de l’activité d’écrivain : « fermer les yeux pour les garder ouverts, n’avoir nulle autre servitude que la page à écrire, imposer sa propre illusion au monde… »
C’est la victoire de la littérature. Une écriture éblouissante qui nous emmène dans une promenade dans l’histoire et l’imaginaire.

L'art de perdre (Alice Zeniter)

note: 5Une famille face à l'Histoire Chantal - 17 novembre 2018

L’histoire de cette famille kabyle nous est narrée à travers la voix du fils aîné, un enfant de dix ans. Cela débute dans l’Algérie des années trente, se poursuit au moment de l’Indépendance qui contraint la famille à s’exiler parce que le père, ancien combattant au service de la France, a refusé de prendre le parti du FLN. L’arrivée en France n’est pourtant pas plus simple, les Harkis allant connaître le rejet et la pauvreté.
Puis à la troisième génération, c’est la petite fille qui essaiera aussi de comprendre ce qui fait sa différence et de découvrir le passé. Mais elle ne parle pas la même langue que ceux qui pourraient raconter…
C’est aussi l’histoire d’un silence. L’histoire des conséquences d’une décision qui bouleversèrent une famille à jamais, la culpabilité qui devint la sienne, celle d’une communauté bannie par les siens.
C’est un grand roman qui parle du rapport au pays perdu, mais aussi de la liberté d’être soi, sans se référer aux héritages. C’est cela que le livre essaie de démontrer, il faut s’alléger, renoncer à la haine, refuser les conclusions simplistes, vivre son déracinement mais aussi son désir de vivre comme les autres « Dans l’art de perdre, il n’est pas dur de rester maître » nous dit Alice Zeniter.
Sous la plume à la fois très poétique et réaliste de cette jeune auteure, un livre puissant, récompensé par le Prix Goncourt des lycéens en 2017.